Lavaux le vaut bien

22 septembre 2007, posté par Marc

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Photo © Régis Colombo, 2000

Chaque année depuis 1972, le Comité du Patrimoine mondial de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) choisit une trentaine de sites à travers le monde qu’elle ajoute à la Liste du Patrimoine mondial. Elle compte ainsi signaler — et préserver — les lieux culturels et naturels jugés cruciaux pour l’héritage commun de l’humanité.

Dix critères permettent de définir quels sont les sites pouvant appartenir à la Liste :

  1. Représenter un chef-d’œuvre du génie créateur humain ;
  2. Témoigner d’un échange d’influences considérable sur le développement de l’architecture ou de la technologie, la création de paysages, etc. ;
  3. Apporter un témoignage exceptionnel sur une tradition culturelle ;
  4. Offrir un exemple éminent d’un type de construction ;
  5. Être un exemple éminent d’établissement humain traditionnel ;
  6. Être associé à des traditions vivantes ;
  7. Représenter des aires d’une beauté exceptionnelle ;
  8. Être un exemple représentatif des grands stades de l’histoire de la Terre ;
  9. Être un exemple des processus écologiques en cours dans l’évolution des écosystèmes ;
  10. Contenir des habitats naturels importants pour la conservation de la diversité biologique.

Tous ces critères, la région suisse romande (et plus précisément vaudoise) du Lavaux les remplit haut la main. Situé sur les rives du lac Léman, Lavaux comprend huit cents hectares de vignes en terrasses et quatorze bourgades. Mais les chiffres se taisent face à l’incroyable beauté du lieu. L’endroit n’a rien à envier aux rizières en terrasses de Bali, et la vue époustouflante qu’elle offre sur le lac et les alpes de Haute-Savoie n’a pas à rougir face à la baie d’Ha-Long.

Aujourd’hui, Lavaux fêtait son entrée dans la Liste du Patrimoine mondial de l’Unesco. Les communes de Lutry, Grandvaux, Épesses, Rivaz, Chardonne et Cully font encore la bamboche, à l’heure où j’écris ce cyberpapier. J’ai eu la chance de passer cet après-midi par Cully, et une foule venue de la planète entière y était aussi présente, bouche bée, admirant, sentant, goûtant, flânant, dégustant… La date correspondait également à la fin des vendanges, et la plupart des vignerons cueillaient encore leurs grappes à l’heure de l’apéro. Au fil de la journée, on a vu les habitants de la région cheminer, tels des pèlerins, entre les parchets qui surplombent le lac.

Bref, tout ça pour vous dire que si vous n’avez rien perdu de vos facultés d’émerveillement, que si vous aimez les parfums de la terre et de tout ce qui y croît par le travail patient de l’homme, bref, si vous appréciez la bonne chair et les bons vins, n’hésitez pas à pérégriner entre Lutry et Montreux. Vous en sortirez sans doute grisé, voire époustouflé. Moi, j’en suis revenu avec quelques flacons de diolinoir sous le bras — et je peux vous promettre que je ne regrette pas une seconde mon escapade…

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2 commentaires pour “Lavaux le vaut bien”

  1. François Rouiller

    Dommage que nous ne nous y soyons croisés. La fête fut belle, en effet. Détail : on ne dit pas « le Lavaux » ou « du Lavaux » pour désigner ce territoire, mais « Lavaux » tout court ou « de Lavaux ». Le terme est à traiter comme un nom de ville. Ou plus exactement, selon le philologue François Zufferey (in « LAVAUX, vignoble en terrasses, publié par l’association pour l’inscription de Lavaux au patrimoine mondial de l’Unesco, 2007), le mot « se laisse décomposer en La Vaux (du latin Vallem « vallée ») ». Inutile donc de lui ajouter un article, sauf si on veut désigner le vin produit dans la région, « le Lavaux ». Ceci n’enlève rien, bien sûr, à l’intérêt et à l’enthousiasme de ton article.

  2. Marc

    Bonsoir François,

    Un grand merci pour ton message. En effet, c’est dommage que nous ne nous soyons par croisés. J’aurais bien volontiers partagé un verre de blanc en ta compagnie.

    J’ai appliqué les corrections dont tu m’as fait part. Je me suis en effet demandé, au moment de rédiger le papier, si Lavaux prenait un article ou non. Ta réponse est la plus complète dont on puisse rêver !

    Encore merci pour ton commentaire,

    Marc (qui t’envie, toi locataire du paradis)


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