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23 March 2009, posté par YvesMur ouvert
7 March 2009, posté par MarcCe n’est pas tous les jours que je fais de la pub pour ma pomme. J’en fais même tellement-rarement-si-peu qu’un de ces quatre, je finirai la gueule ouverte, édentée, en plein soleil de midi. Alors allons-y, lâchons-nous et plaçons ce jour sous le signe de la liberté… d’expression.
Si vous êtes amateur de Fesse-Bouc, vous n’êtes pas sans savoir qu’un débat fait rage, ces temps, au sujet de la conservation ad aeternam des données déposées par les utilisateurs du « réseau social ». Données potentiellement utilisables à des fins publicitaires — entre autres. La thésaurisation des vies privées est à ce point préoccupante que de nouvelles entreprises ont vu le jour, qui se spécialisent dans l’effacement, à la demande, de vos informations personnelles naviguant sur la Toile. En effet, si vous être bon vivant à vingt ans et que vous passez vos soirées de célibat la tête enfouie entre mamelles et chopines, il y a fort à parier qu’à la trentaine sonnante, vous redoutiez qu’un responsable des « ressources humaines » mette le grappin sur la photo du vomi que vous aviez négligemment déposé dans le caniveau, dix ans plus tôt.
Facebook n’est en aucun cas une exception, et la très grande majorité des sites dominant le Web 2.0 (j’entends par là l’Internet participatif) requièrent une identification, et cela avant tout pour des questions de sécurité. Du coup, la liberté d’expression qu’offre la Toile n’a pas grand’chose à voir avec le secret des scrutins, pierre angulaire de la démocratie. Alors, me direz-vous, comment s’exprimer librement — et anonymement — sur le Web ? En usant de bonnes vieilles recettes… chinoises.
En 1978, deux ans après la mort du Grand timonier, les citoyens de Chine populaire furent autorisés à exprimer leurs critiques à l’encontre du régime ; fleurirent alors les fameux dazibao, affichettes rédigées à la main où plus d’un laissèrent libre cours à leurs critiques du pouvoir. Renaissance d’une pratique déjà en vigueur en Chine impériale, cette tribune libre se matérialisa en un monument aujourd’hui célèbre : le Mur de la démocratie. En plein cœur du quartier de Xidan, à Pékin, il permettait à tout un chacun de s’exprimer librement. Même si l’affichage fut par la suite interdit sur ce mur, même si aujourd’hui une telle pratique n’a plus raison d’être (d’autres murs, cybernétiques cette fois, font très bien l’affaire), son rôle fut tout sauf négligeable dans ce qu’on appela « Le Printemps de Pékin ».
Les inquiétantes dérives catalogantes de Facebook m’ont donné envie de pallier le manque de lieu d’expression libre sur le Web. Je me suis donc inspiré de l’ancien modèle chinois pour créer à mon tour un mur où écrire anonymement ses joies, ses peines, ses soucis et ses craintes. Son petit nom : Wall of Freedom. Ce site, à l’interface sobrissime, offre la possibilité de publier deux fois par jour (ou plutôt : toutes les douze heures) un message de quatre-vingts caractères (en quelque langue que ce soit, chinois compris). Libre à chacune et chacun d’en faire bon usage. L’avenir nous dira si une telle initiative répondait — ou non — à un besoin réel de liberté parmi le petit peuple de la Toile…
Wall of Freedom, c’est ici. Bonne liberté.
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Unité Inhabitée #30
13 February 2009, posté par YvesMinitel 2.0
7 February 2009, posté par Marc
Photo : droits réservés
La Toile est pour certains d’entre nous bien plus qu’un terrain de jeu, bien plus qu’un endroit où échanger des points de vues et des photos de beuveries. C’est aussi un lieu de travail, un bac à sable qui peut s’avérer rentable à force d’y construire des châteaux en PHP, Java et autres Ruby. Bref, notre réseau bien-aimé, que nous avons depuis longtemps élevé au rang de mouture 2.0 en raison de l’avènement de techniques telles que les requêtes client-serveur asynchrones, serait peut-être en passe de ne devenir qu’une vulgaire réplique du Minitel (rappelez-vous cette magnifique plate-forme de drague aux faux airs de Commodore 64).
En tout cas, c’est ce qu’affirme depuis belle lurette Benjamin Bayart, président du French Data Network, le plus ancien fournisseur d’accès en terre gauloise. Selon lui, le dépôt toujours plus fréquent des données sur des serveurs centralisés tels que ceux de YouTube ou de Google Mail est en train de modifier l’architecture du web. Celui-ci perdrait en effet ses qualités de toile acentrique au profit d’une structure en étoile où les informations sont aux mains de quelques autocrates.
Sur le banc des accusés, on retrouve également l’ADSL, dont l’asymétrie (le A d’ADSL) empêche au peuple, de manière artificielle, d’émettre efficacement des données, condamné qu’il est à s’abreuver aux sources de serveurs qui ne lui appartiennent pas. À quand le DSL symétrique (SDSL), qui permettrait d’émettre et de recevoir des données à cadences égales ? (Vérifiez le débit en upload que vous propose votre fournisseur d’accès et vous verrez qu’il est vingt fois moindre que celui en download).
Selon Benjamin Bayart, un nouveau démon se profile à l’horizon : le filtrage en amont des données par les opérateurs, avant que celles-ci ne puissent parvenir à votre machine, et ceci dans un but officiellement sécuritaire…
Bref, la soi-disant liberté en vigueur sur le Net pourrait se voir à nouveau réduite par les dinosaures de la Toile et les états auxquels ils prêtent allégeance. Pour en savoir plus, lisez sans plus tarder l’entrevue accordée par Benjamin Bayart au site écrans du Libé.
Merci Hervé !
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Je regarde la machine qui me regarde
5 February 2009, posté par YvesL’autre jour j’étais à un dîner où la conversation a été se promener du côté de “qu’est-ce que l’art?”, question à laquelle l’un soutenait que l’art c’est ce qui est beau, tandis qu’un autre avançait que l’art se doit d’être nouveau, ces deux écoles réduisant donc à néant toute l’œuvre Pop Art warholienne, et par la même occasion toute prétention à une dimension artistique possible pour LiLeLa.
Heureusement, on n’en est pas resté là, et avant d’attaquer les desserts qui étaient succulents — et donc artistiques en ce qui me concerne — on a quand même évoqué des histoires d’urinoirs parce que le pipi et le caca non seulement ça fait venir des lecteurs sur ce blog, mais c’est aussi fondamental à l’humain et donc à l’art.
Bref, je sais pas trop comment il se considère lui-même, mais on pourrait presque dire que Evan Roth apporte sa pierre à l’édifice (et a donc mérité une part de mousse au chocolat) avec sa série See You See Me de petits clips vidéos dans lesquels il met en scène les machines à rayons X d’aéroports à travers le monde. C’est amusant, c’est intéressant, c’est graphiquement plaisant et laid à la fois, c’est politique et social, bref, il reste du pomelo?
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Unité Inhabitée #29
29 January 2009, posté par YvesDe l’arbre au cure-dents en 15 secondes. (Maintenant tu sais ce que je veux pour Noël prochain.)
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Zvok - Une chansonnette aux néocolors
26 January 2009, posté par Yves
Est-ce que c’est parce que j’ai rêvé que je serrais la main à Raymond Bussières, rencontré à une expo de Larcenet à Angoulême à base de photocopies et de pompage, que je veux te parler de ce site, ou bien est-ce que j’ai rêvé de ça justement à cause du fait que je suis tombé sur Zvok hier soir, c’est là un de ces petits mystères de la vie qu’on n’arrive pas a élucider et qui font que le quotidien vaut la peine d’être vécu par moi.
Bref, je voulais annoncer aux plus mélomanes d’entre vous la naissance de cette nouvelle création webesque de ak et du toujours très fécond kek, qui allie, comme on pourrait s’y attendre, franche déconnade et “mais faisons plus de musique même quand c’est pas le 21 juin, bordel”.
Alors comme tous les projets à caractère collaboratif et/ou musical, c’est maintenant à toi de jouer.
(Et là, il pompe honteusement leur FAQ, mais il n’en a que foutre parce que c’est pour la bonne cause et qu’il a vraiment la flemme.)
1. Zvok, c’est quoi ?
C’est un blog participatif dont le but est d’inciter les gens à faire de la musique juste pour s’amuser. Il est ouvert à tous.
2. Ça marche comment ?
Chaque premier du mois est annoncé le thème du moment. Dès lors, les participants ont jusqu’au mois suivant pour envoyer une reprise musicale en rapport avec le thème actuel. Tous les morceaux seront publiés sur le blog au fur et à mesure de leurs réceptions.
3. Je suis pas très fort en musique et je chante assez mal, je peux participer quand même ?
Bien sûr ! L’unique ambition de Zvok est de pousser les gens à s’amuser en faisant de la musique, selon leurs moyens. Il n’y a pas de concours, pas de notes, pas de jugement.
4. Je suis musicien professionnel, j’assure trop, j’ai l’oreille parfaite et je fais des concerts à l’Elysée-Montmartre, je peux participer quand même ?
Tout à fait ! Cf réponse précédente.
5. Je joue uniquement du theremin et de la scie musicale corse, mes morceaux seront-ils acceptés ?
Avec grand plaisir. Plus le panel de genres et d’instruments sera large, mieux ce sera. Que vous jouiez de la guitare, du cajòn, du piano à queue, que vous composiez sur Mac, sur Gameboy ou sur papier bible, vous êtes le bienvenu sur Zvok.
6. Ça y est, j’ai fait un morceau. Qu’est-ce que j’en fais maintenant ?
Vous l’envoyez à zvokblog(at)gmail.com et nous nous chargerons de l’héberger et de le mettre en ligne.
7. Je vois que le blog est tenu par deux blogueurs bd… Il faut avoir un blog bd pour participer ?
Non, pas du tout. Absolument toute personne désireuse de participer peut le faire. C’est la dernière fois qu’on le dit parce que ça suffit maintenant.
8. J’ai une super idée de thème, je peux vous la soumettre ?
Oui, il suffit de nous envoyer un mail. Néanmoins, le choix final nous appartient.
9. Pour aller avec ma chanson, j’ai fait un dessin/une photo/une vidéo/un poème, je peux vous l’envoyer ?
Bien sûr, nous le/la mettrons en ligne avec votre morceau.
10. Au fait, pourquoi ce nom, “Zvok” ?
Nous cherchions un nom qui évoque le fait de faire de la musique sans prétention et nous avons trouvé le mot “zvok” qui signifie “chansonnette” en Slovène.
11. Dites, vous seriez pas le genre de mecs à préciser que chaque reprise est la responsabilité de son auteur ?
Si, exactement.
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Black Movie - festival de films des autres mondes
25 January 2009, posté par Yves
Il y en a qui en ont perdu le goût. Moi pas, mais je suis exceptionnel (c’est ma maman qui le dit). Bref, ils le mettent de manière si éloquente en intro sur la page d’accueil de leur site web (avec les bandes-annonces qui démarrent automatiquement donc coupez le son si vous êtes au travail):
“Pour reprendre le goût au cinéma, une seule solution: voir de bons films Voilà la vérité toute simple que je cherchais depuis deux mois. Se consoler avec du saké ne peut conduire qu’à aimer le saké, non à se réconcilier avec le cinéma” Yasujiro Ozu, Carnets 1933-1936, 2 septembre 1935.
“Ils” ce sont les gentils gens derrière le festival Black Movie de films des autres mondes bien évidemment, qui démarre le 30 janvier et durera jusqu’au 8 février. Ça vous laisse 5 jours pour vous décider parmi les 10 programmes et 73 films en provenance de 26 pays, de l’Argentine au Zimbabwe, en passant par l’Inde, le Japon ou encore les Philippines.
Forcément, les plus téméraires (euphémisme pour dire “coquins”) iront faire un tour du côté de la section l’Empire des sens, où la sélection de neuf films érotiques couvrant 15 ans de productions japonaises de plus en plus radicales évoque “l’émancipation de la femme par l’acte sexuel”.
Au programme: “Gushing Prayer : 15 year old Prostitute” de Masao Adachi (1971), “La femme de Seisaku” de Yasuzo Masumura (1965), “La maison des perversités (The Watcher in the Attic)” de Noboru Tanaka (1976), “La véritable histoire d’Abe Sada” de Noboru Tanaka (1975), “Marché sexuel des filles” de Noboru Tanaka (1974), “Passion” de Yasuzo Masumura (1964), “Tatouage” de Yasuzo Masumura (1966), “The Woman with Red Hair” de Tatsumi Kumashiro (1979), et “Une femme à sacrifier” de Masaru Konuma (1974).
Au Japon, ce sujet rejoint une culture où les sentiments sont fréquemment dissimulés par une imagerie forte, souvent sado-masochiste avec une prédominance du bondage. Films réservés à des yeux avertis, ils se prêtent cependant à plusieurs niveaux de lecture.
Et pendant que vos yeux avertis en valent deux, nos chères têtes blondes pourront aller se régaler d’un programme spécialement concocté pour eux au Petit Black Movie.
Il s’agit de faire découvrir une cinématographie ignorée par l’exploitation classique, de retrouver la magie du grand écran avec des œuvres ne répondant pas aux produits calibrés habituellement.
Mais évidemment, il n’y a pas que des fifilles qui s’émancipent des yakuza qui s’étripent, comme vous pourriez déjà en avoir le cœur net si vous aviez téléchargé le programme un peu.
Bon, je vous laisse, je dois retourner à la cuisine voir si Yukiko a commencé à geindre…
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Maurice Chappaz est mort
16 January 2009, posté par Marc
Maurice Chappaz, adolescent. Photographie © Bibliothèque nationale suisse / les Archives littéraires suisses, Fonds S. Corinna Bille-Maurice Chappaz, Berne
J’ai retrouvé ma pipe absente depuis l’autre nuit mais je trébuche, je frissonne. Je risque de nouveau de perdre ce qui va et vient dans mes poches, en longeant les parois du chalet. Je me déshabille et me rhabille pour me mettre au lit. Je ne suis qu’un poète de passage. Ce lit hérité de très loin, signé d’un ou deux caractères illisibles, haut sur pattes et qui ne passe plus les portes est un revenant. Les draps sont les pages blanches où je disparais.
Où je disparaîtrai une ultime fois pour être écrit.
Et si, me dis-je, au moment de fermer l’œil, le vingt et unième siècle héritier de tout ce que je déteste était acculé à un grand acte mystique ?
Maurice Chappaz, La pipe qui prie & fume, Éditions de la revue Conférence & Maurice Chappaz, octobre 2008
Pour en savoir plus sur ce magnifique auteur romand, rendez-vous ici.
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