Archives pour la tagégorie
« art »

Je regarde la machine qui me regarde

5 February 2009, posté par Yves

L’autre jour j’étais à un dîner où la conversation a été se promener du côté de “qu’est-ce que l’art?”, question à laquelle l’un soutenait que l’art c’est ce qui est beau, tandis qu’un autre avançait que l’art se doit d’être nouveau, ces deux écoles réduisant donc à néant toute l’œuvre Pop Art warholienne, et par la même occasion toute prétention à une dimension artistique possible pour LiLeLa.

Heureusement, on n’en est pas resté là, et avant d’attaquer les desserts qui étaient succulents — et donc artistiques en ce qui me concerne — on a quand même évoqué des histoires d’urinoirs parce que le pipi et le caca non seulement ça fait venir des lecteurs sur ce blog, mais c’est aussi fondamental à l’humain et donc à l’art.

Bref, je sais pas trop comment il se considère lui-même, mais on pourrait presque dire que Evan Roth apporte sa pierre à l’édifice (et a donc mérité une part de mousse au chocolat) avec sa série See You See Me de petits clips vidéos dans lesquels il met en scène les machines à rayons X d’aéroports à travers le monde. C’est amusant, c’est intéressant, c’est graphiquement plaisant et laid à la fois, c’est politique et social, bref, il reste du pomelo?

Quelques livres délivrés

27 December 2008, posté par Marc


Photo © British Library, 2008

Parce que c’est la période des cadeaux, il est du devoir de LiLeLa de vous offrir un lien merveilleux qui enchantera vos mirettes désabusées. Mais puisque c’est aussi le temps des contes qu’on chuchote au coin du feu (ou du radiateur, ou du micro-ondes), nous allons tout d’abord vous raconter une petite histoire.

C’est celle d’une fillette de dix ans, Alice Liddell, qui fit un voyage en bateau au cours de l’été 1862. À bord de l’embarcation, un mathématicien du nom de Charles Dodgson. Pour ajouter une couche onirique à cette balade qui l’était déjà, Charles, qui adorait les gamins, se mit à raconter une histoire si belle que la petite fille lui demanda instamment de mettre par écrit les aventures merveilleuses qu’il avait contées. Ce qu’il fit. Cela lui demanda deux ans d’efforts et pas moins de trente-sept illustrations tracées de sa propre main. Bien plus tard, la jeune fille, qui était devenue une dame, fut dans l’obligation de vendre aux enchères le précieux manuscrit de son enfance. Un collectionneur américain l’acquit et, quatre-vingt-six ans après que l’histoire eut été racontée lors d’une promenade en bateau à une petite fille rêveuse, le texte revint en Grande-Bretagne à la demande d’un groupe de donateurs étasuniens.

Pourquoi vous raconte-t-on tout cela ? Et qui était Charles Dodgson ? Ce mathématicien d’Oxford serait plus tard connu sous le nom de plume de Lewis Carroll, et l’histoire qu’il inventa cet été 1862 ferait le bonheur de millions d’enfants. Il s’agissait bien entendu d’Alice au pays des merveilles, c’est-à-dire de l’aventure d’une petite fille qui eut un jour la curiosité d’entrer dans le terrier d’un lapin.

Cela vous dirait-il de feuilleter les pages du manuscrit que Lewis Carroll offrit en 1864 à cette chère Alice ? Rien de plus facile. Il vous suffit de vous rendre sur le site de Turning the Page, un service de consultation d’ouvrages rares proposé gratuitement par la British Library. Et puis, au passage, jetez un œil à une version millénaire du Sūtra du diamant, qui n’est rien de moins que le plus ancien livre imprimé.

Si pour vous ce n’est pas un cadeau, ça, c’est que vous êtes devenu un grand enfant bien difficile, et qu’il est temps pour vous de refaire le voyage d’Alice… au pays des merveilles.

Des sapeurs dans leur pays en feu

17 November 2008, posté par Marc


Séverin le sapeur. Photographie © Héctor Mediavilla, 2007

Pas plus tard qu’hier, Olusegun Obasanjo (ancien président du Nigeria), envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour la région des Grands lacs, achevait sa mission en République démocratique du Congo. Il y avait rencontré Laurent Nkunda, le chef du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple — laissez-moi rire), ainsi que le président de la RDC, Joseph Kabila. Le résultat de sa visite : l’engagement de Laurent Nkunda en faveur d’un cessez-le-feu dans la province du Nord-Kivu, région en proie à des combats entre loyalistes de l’armée gouvernementale et « rebelles » à la solde du général dissident.

Tout cela pour rappeler que le « Congo-Kinshasa » (à l’origine, une réplique 1:1 du paradis), est encore et toujours le champ de bataille de charognards qui pillent tant la population que les ressources naturelles du pays. Toutefois, dans cette nation économiquement détruite, politiquement instable, dans ce lieu d’extrême pesanteur, il existe une espèce d’oiseaux rares constamment sur leur trente et un, se pavanant comme si de rien n’était, avec l’aplomb et la nonchalance de paons. À bien y regarder, il se pourrait que ce soit là une forme de révolte, une manière de bras d’honneur face au chaos et à la guigne.

Sans doute avez-vous déjà croisé ces personnages d’une dignité d’un autre âge, ces « magnifiques » qui parfois s’affrontent visuellement au cours de soirées dédiées au culte de la sape. Alors, pour oublier quelques instants la guerre, pour vous rafraîchir les yeux, faites un tour dans la galerie virtuelle que leur dédie Héctor Mediavilla, ancien cadre financier qui se consacre désormais à la photographie. Cet artiste espagnol de 38 ans, membre du réseau Picturetank (coopérative de photographes), a su saisir in situ les « sapeurs », ces paradoxes sur pattes, ces œuvres d’art vivantes qui ne cessent de détonner dans le paysage mélancolique de leur pays en guerre. Un délice à découvrir sur Zonezero.

Six mots pour résumer une vie

2 June 2008, posté par Yves

6words.jpg

A l’origine, la légende veut qu’on aurait mis au défi Hemingway d’écrire une histoire complète en seulement six mots. Sa réponse: For Sale: Baby shoes, never worn (“A vendre: chaussures de bébé, jamais portées”). Alors Rachel Fershleiser et Larry Smith du magazine SMITH ont eu l’idée de demander à plein de gens, connus et inconnus, de faire des histoires en six mots eux aussi. Mais comme leur magazine se spécialise sur la narration à la première personne, ils ont décidé de demander à leurs contributeurs d’écrire non pas des fictions, mais leurs mémoires.

Le résultat, 11 000 textes soumis, un livre “Not Quite What I Was Planning” qui en publie près de mille, un site qui parle du livre et brode sur le même thème, et tout plein de petites formules qui vont du drôle au profond en passant par autre chose… Et un prochain projet en cours avec six mots sur l’amour et les brisages de cœurs.

Quelques vies résumées:
- Couldn’t cope so I wrote songs (Aimee Mann)
- Secret of life: marry an Italian (Nora Ephron)
- Never should have bought that ring (Paul Bellows)
- Found true love after nine months (Jody Smith)
- Love me or leave me alone (anonyme)
- Not a goog Christian, but trying (Alexander Tsai)
- I still make coffee for two (Zak Nelson)
- Thought I would have more impact (Kevin Clark)
- Everyone who loved me is dead (Ellen Fanning)
- Fourteen years old, story still untold (David Gidwani)

- Pas de regrets, que des expériences (moi)

Et toi ami lecteur, elle se résume à quoi la tienne de vie? Allez, fais pas ton timide et balance-nous ta prose dans les commentaires ci-dessous.

La cité des ombres d’Alexey Titarenko

29 May 2008, posté par Yves

alexey_titarenko1.jpg
Alexey Titarenko, “City of Shadows”

Alexey Titarenko a ceci en commun avec LiLeLa qu’il ne rate pas un épisode de Lost. Ou alors c’est les producteurs de la série télé qui sont fans de son œuvre. Je ne sais pas très bien, ça peut tout aussi bien être une coincidence, et de toute façon on s’en fout parce que c’est beau ça fait un peu des guilis, deux des caractéristiques qui définissent quelque chose mais je sais plus trop quoi parce que je suis encore trop troublé par les clichés de sa “City of Shadows” photographiée de 1992 à 1994. Et je parle de cette série, mais il y en a d’autres sur son site qui en est plein.

alexey_titarenko2.jpg

alexey_titarenko3.jpg

alexey_titarenko4.jpg

alexey_titarenko5.jpg
Le tout © Alexey Titarenko, “City of Shadows”

Et comme on vous aime (oui oui), et que ce blosste était vraiment décidément bien trop court, je vous rajoute même un petit doc sur le monsieur, “Alexey Titarenko: l’Art et la Manière,” produit par IMAGE & Co. pour Arte. Allez hop.

1ère partie:

2ème partie:

3ème partie:

Bon je vous laisse, je vais vite à la galerie Nailya Alexander.

Plus fort que Microsoft Surface

24 May 2008, posté par Stahlhelm

Block Invader

Au début de la Création, Yves se moquait allégrement avec la verdeur d’un bleu de Microsoft Surface, l’invention la plus inutile de MS après Vista. Moi j’en connais un qui a eu une idée tout aussi saugrenue pour égayer sa table de salon et la rendre tout aussi inutile qu’une UI de LiLeLa.

Kyle Downes a réussi à convaincre sa geek de copine de le laisser transformer sa table de salon en une reproduction parfaite d’un controlleur de cette bonne vieille console NES. Et la bougresse a apparemment accepté :

nestable001.jpg
La bête finie dans toute sa splendeur

nestable002.JPG
La bête entre les mains de ladite bougresse

nestable003.JPG
« Saute ! Mais sauuuuteuuh ! »

nestable004.JPG
Le génie geek en action

nestable005.JPG
Bis

Et pour terminer en beauté, voici le produit fini en action :

Qu’est-ce que l’art ?

24 May 2008, posté par Corbor

Extrait de la série Creature Comforts du Studio Aardman.

Retomber en enfance et perdre son boulot

23 May 2008, posté par Yves

taggalaxy.jpg

Tu te rappelles, quand tu n’étais encore qu’un tout petit bébé, ta mère et moi nous t’avions installé un mobile au dessus de ton lit, avec des planètes qui tournaient dans tous les sens, gracieusement et doucement, et tu tendais les bras pour les toucher, mais tu n’arrivais jamais à les atteindre et parfois cette frustration te berçait jusqu’à t’endormir profondément pendant qu’on jouait à Risk dans le salon? Tu as grandi et maintenant tu as un job et un ordi et toujours cette étincelle de curiosité sans malice dans tes yeux. Et les petits gars de chez Tag Galaxy l’ont bien compris, et ils ont combiné ce que tu aimes le plus (les mobiles avec des planètes qui tournent) avec ce que tu aimes le plus (Flickr et ses photos par milliards), pour ton seul plaisir. Sauf que maintenant, tu peux toucher. Tu peux même cliquer et double-cliquer…

taggalaxy2.jpg

Basée sur les tags qui accompagnent la plupart des photos de Flickr, ce petit mashup en Flash navigue dans le site de manière thématique et ludique, et c’est quand finalement ton boss te tapotte gentiment sur l’épaule que tu te rends compte que ça fait bien une heure que tu voyages dans l’espace et ton enfance.

Petite histoire des sphéres géantes

22 May 2008, posté par Corbor

nasa-sphere.jpg

Un article pas trés récent mais néanmoins trés interessant du magazine Cabinet. Il retrace l’histoire des sphéres géantes utilisées ou rêvées par les humains en tant qu’habitation ou outils.
J’aime beaucoup le concept de la tombe de Newton par le bien nommé Étienne-Louis Boullée :

newton-cenotaph.jpg

Cauchemars d’enfant

6 May 2008, posté par Stahlhelm

Candy
Candy © Joshua Hoffine

Avertissement: en lisant cet article, ou juste après l’avoir terminé, il t’est fortement déconseillé de te retourner pour voir ce qui se cache derrière toi ou de te pencher pour voir si le croque-mitaine ne se planque pas sous ton lit pour te dévorer tout cru ce soir de pleine lune que tes imbéciles de parents ont choisi pour aller se faire un demi-poulet avec frites de Chez ma cousine.

Car c’est exactement ce genre de petites horreurs qu’illustre Joshua Hoffine dans ses photos aigre-douces qui sauront sans manquer te rappeler ces mauvais souvenirs que tu croyais bien enfouis sous des tas de couches de subconscient et un duvet qui te protégeait à coup sûr du mal ancestral.

Bed
Bed © Joshua Hoffine

Basement
Basement © Joshua Hoffine

Wolf
Wolf © Joshua Hoffine

Balloons
Balloons © Joshua Hoffine

Closet
Closet © Joshua Hoffine

Les amateurs du genre trouveront encore plus de délicatesses du même acabit sur le site officiel de ce merveilleux monsieur qui offre ses œuvres pour des sommes modiques inversément proportionnelles au taux de terreur causé par ce fin lecteur de l’âme de l’enfant moderne.

Merci Right Some Good.


Fermer
E-mail It