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Ménagerie cthulhélaïque [S01xE08]

24 September 2007, posté par Stahlhelm

Cthulhu dans le formol
Ophiura

D’après la traduction β de Google et l’artiste elle-même, les images de notre huitième petite ménagerie de l’horreur, dodelinant allégrement entre l’émerveillement, le choquant, le grotesque et le noir-blanc, seraient l’œuvre de Elaine Duigenan (prononcé « Dygnun » d’après la dame elle-même) et représenteraient des animaux embouteillés par John Hunter il y a 200 ans (sic ) et stockés au Royal College of Surgeons of England. Du pur cauchemar concentré :

Dactylopterus volitans
Dactylopterus volitans

Cynopterus marginatus
Cynopterus marginatus

Pipa monstrosa
Pipa monstrosa

L’horreur continue ici : Mysteries of Generation.

Merci Hugo Strikes Back.

L’Angleterre autorise l’hybridation entre humains et animaux

7 September 2007, posté par Marc

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Marlon Brando dans The Island of Dr. Moreau © New Line Cinema, 1996

En Grande-Bretagne, l’Organisme de contrôle de la fertilisation humaine et de l’embryologie (Human Fertilisation and Embryology Authority = HFEA) a approuvé la création d’embryons hybrides humains-animaux à des fins scientifiques.

Dans un article publié avant-hier, BBC News a en effet annoncé que le HFEA souhaiterait favoriser, entre autres, la recherche de traitements pour la maladie d’Alzheimer.

Cette nouvelle, qui n’est pas sans rappeler L’île du docteur Moreau, a de quoi hérisser légèrement les poils du nez, des oreilles et du dos, pour ceux qui ont la chance d’en posséder. Des scientifiques britanniques souhaiteraient ainsi mêler des cellules humaines à des cousines animales afin d’en extraire des cellules souches. Les embryons qui en seront issus devront être détruits dans un délai de deux semaines…

Pour l’heure, les chercheurs doivent se rabattre sur des œufs humains laissés de côté lors des traitements liés à l’infertilité (p. ex. FIV), mais l’offre n’est pas suffisante, sans compter que la « qualité » n’est pas toujours au rendez-vous.

Deux équipes du King’s College de Londres et de l’Université de Newcastle ont déjà sollicité le HFEA afin qu’il les autorise à procéder à des hybridations. Le Prof. Lyle Armstrong, de la fac de Newcastle, a déclaré : « C’est une excellente nouvelle. Son impact ne sera pas seulement bénéfique pour notre travail, mais aussi de manière générale pour l’avancée de la recherche britannique ; nous espérons qu’elle mènera à de nouvelles techniques qui serviront tout un chacun. » Il a ajouté : « Cela peut paraître odieux de prime abord, mais vous devez comprendre que nous n’utilisons que très très peu d’informations issues d’une vache pour mettre en pratique cette idée de reprogrammation. »

La société britannique devra désormais faire face à un réel questionnement éthique. Bien entendu, l’hybridation humains-animaux connaît bien des détracteurs, mais l’opinion publique est pour l’heure divisée. Gageons que les scientifiques de Sa Majesté auront la vigilance de ne pas concrétiser nos pires cauchemars…

Pour plus d’informations (en anglais) sur ce sujet : Comment on Reproductive Ethics.

Merci BBC News

La décorporation : une question de point de vue

25 August 2007, posté par Marc

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Illustration de William Blake pour un poème de Robert Blair. Image © fileane.com

C’est bien connu : lors d’expériences de mort imminente (EMI = anglais NDE = Near Death Experience), les individus sur le point de passer de vie à trépas semblent contempler un instant leur propre corps depuis l’extérieur de celui-ci. Ceux qui ont lu Les Thanatonautes de Bernard Werber (qu’on aime ou qu’on n’aime pas — là n’est pas la question) verront de quoi je parle.

Des scientifiques de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et du University College London (UCL) ont mis au point une technique de décorporation artificielle qu’on aurait presque envie de tenter dans son salon (et particulièrement durant une soirée arrosée).

Les chercheurs suisses ont demandé à des volontaires de se tenir devant une caméra de sorte qu’on les filme depuis derrière. Les cobayes portaient des lunettes-écrans affichant l’image de leur dos en trois dimensions. Quand les scientifiques touchaient avec un stylo le dos des volontaires, ceux-ci voyaient face à eux, au même moment, l’image de leur propre dos et du stylo.

Les volontaires ont expliqué par la suite qu’ils avaient eu l’impression que la sensation de toucher ressentie provenait de leur dos virtuel (tel qu’affiché par les lunettes) plutôt que de leur dos réel.

Dans une autre partie de l’expérience, le dos d’un mannequin était filmé au lieu du leur ; quand le mannequin était touché, ils avaient toujours l’impression que le corps du mannequin (projeté virtuellement face à eux) était le leur.

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Schéma de l’expérience de l’EPFL © Science Journal, 2007

Plus drôle encore : les chercheurs ont éteint les lunettes de réalité virtuelle et ont demandé aux cobayes de faire quelques pas en arrière puis de revenir à leur position initiale. Les volontaires ont aussitôt tenté de revenir non pas à leur position réelle, mais à celle, présumée, de leur corps virtuel.

Selon l’EPFL et l’UCL, la décorporation des EMI aurait une explication neurologique. Les EMI provoqueraient une déconnexion entre les zones du cerveau responsables de la vision et du toucher.

Nous aurions donc le sentiment d’exister là où se trouvent nos yeux. Cela dit, quand je regarde Keanu Reeves jouer dans The Matrix, j’ai durant tout le film l’impression de… me contempler moi-même.

Merci American Academy of Arts and Sciences

Le rose, couleur des femmes

21 August 2007, posté par Marc

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Photo : droits réservés

C’est une question qui m’a toujours turlupiné : les (petites) filles aiment-elles le rose parce qu’on leur achète sans cesse des fringues et des jouets de cette couleur, ou sont-elles victimes d’une entourloupe de Dame Nature ? Eh bien il semblerait que Anya Hurlbert, spécialiste en neurosciences de l’Université de Newcastle, ait trouvé un début de réponse à cette question.

Dans un article publié récemment dans le journal Current Biology, la scientifique fait état d’une étude menée sur des groupes d’hommes et de femmes qui devaient, pour l’expérience, visualiser mille paires de rectangles de couleur en annonçant à chaque fois leur préférence.

Il semblerait que le bleu soit une couleur universellement aimée des être humains. Toutefois, la chercheuse émet l’hypothèse que les femmes ont développé une attirance particulière pour les teintes tirant vers le rouge, et ce dans le cadre des spécialisations qui ont pris place au cours de l’évolution humaine.

La répartition des tâches leur aurait imposé ce penchant, le rose-rouge correspondant en effet à des fruits mûrs et à des visages d’hommes en bonne santé.

Par contre, comme les hommes étaient à l’origine destinés à la chasse, leur acuité visuelle ne nécessitait que la différenciation des teintes claires et foncées. Dans la broussaille et la nuit, ils devaient repérer un animal et le faire passer aussitôt de vie à trépas. Autant dire que leur vie n’était pas rose.

Merci Scotsman News

Le rire jaune d’un cétacé

8 August 2007, posté par Marc

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Le Lipotes vexillifer ou dauphin de Chine. Photo © 伦敦华语, 2007

La photo du dauphin que vous voyez ci-dessus devrait vous faire le même effet que celle d’un arrière-grand-père dans votre album de famille : il vous sourit, et pourtant il est mort depuis longtemps.

En effet, le dauphin de Chine (en latin : Lipotes vexillifer, en chinois : 白鱀, baiji) vivait autrefois à l’est de la Chine, dans les haut et moyen Yang Tsé (長江, Chang jiang) ainsi que dans le Qiantang (钱塘江, Qiangtang jiang). Dans les années cinquante, il avait déjà disparu du Qiantang. À la fin des années soixante-dix, on estimait que quelque 400 individus survivaient encore dans le Yang Tsé et ses canaux latéraux. Vingt ans plus tard, on n’en dénombrait plus que treize, chiffre qui allait définitivement leur porter malheur.

La disparition progressive des baiji est sans doute due aux filets des pêcheurs dans lesquels ces mammifères se prenaient plus souvent que rarement les nageoires, finissant par erreur dans un bol de lamian (拉麵). En 2002, on apercevait pour la dernière fois un dauphin chinois dans son habitat naturel. Manque de pot, son unique congénère vivant en captivité, un mâle que les humains nommaient Qiqi (淇淇), mourrait la même année après vingt ans de détention à l’Institut d’hydrobiologie de Wuhan (武汉水生生物研究所).

Je vous raconte tout ça parce qu’un groupe de chercheurs vient de publier un article dans les Biology Letters annonçant qu’après six semaines de recherche, force est de constater que le baiji n’existe probablement plus. En fait, cela représente même la première extinction globale d’un grand vertébré depuis cinquante ans ou, plutôt, la quatrième disparition totale d’une famille de mammifères en cinq cents ans.

Bref, si au cours votre prochaine croisière sur le Yang Tsé vous apercevez un dernier baiji, rendez-lui un sourire compatissant et dites-lui adieu. Ce sera la dernière fois que vous en verrez un avant de… disparaître à votre tour.

Merci Biology Letters

Les garçons n’aiment pas être des filles

31 July 2007, posté par Marc

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École rue Buffon. Photographie de Robert Doisneau, 1956

À la fin des années 1990, un psychologue de l’Université de Harward, William Pollack, avait fait sensation en publiant Real Boys (sorti en français sous le titre De vrais gars). Il y dénonçait une génération de gamins qui souffrent d’une « crise silencieuse », où beaucoup se réfugient dans la tristesse, la solitude et, surtout, l’incompréhension. Pollack révélait notamment que bien des garçons se voyaient pris dans une impossible équation, devant être désormais doux, compréhensifs et croire en l’égalité des sexes, alors qu’ils préféraient pour la plupart souscrire aux conceptions traditionnelles selon lesquels un « mec » est un dur, un macho.

En janvier de cette année, Jill Parkin, journaliste au Daily Mail, accusait l’école de transmettre aux garçons un message qui ne leur est pas destiné : les cours sont féminisés, on y demande aux élèves mâles d’être sages et disciplinés, alors qu’il ne rêvent que de réagir à leur production naturelle de testostérone en laissant libre cours à leur instinct de compétition, notamment physique.

Les différences naturelles entre les sexes tendraient à être gommées dans l’éducation, produisant des jeunes hommes mous et incapables de lutter dans la vie d’aujourd’hui. Selon Parkin, les filles se voient quant à elles obligées de grandir dans une société pleine de mâles aliénés où toutes les qualités masculines ont été étouffées. Les nouvelles générations d’hommes ont aussi bien moins de chances de faire de grandes études, celles-ci étant désormais à tel point féminisées qu’ils n’y trouvent plus leur place.

Les affirmations de Pollack et de Parkin laissent songeur. En effet, les hommes n’étant pas plus intelligents que les femmes, la seule qualité typiquement masculine dont ils pourraient se prévaloir aujourd’hui (en dehors d’un contexte guerrier) est la combativité. Celle-ci séduit toujours (et pour longtemps encore) les ressources humaines et… bon nombre de femmes. Alors, quand cessera-t-on de castrer des générations entières de p’tits mecs innocents ?

De l’impureté d’une déesse

27 July 2007, posté par Marc

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La kumārī Sajanī Śākya à l’âge de 6 ans. Photo © Anna Boyé, 2003

Tiens, voilà une gamine qui me rappelle fortement une nouvelle de Ian McDonald, « The Little Goddess » (que vous trouverez notamment dans The Year’s Best Science Fiction #13, 2006). Il s’agit de la déesse vivante (kumārī) Sajanī Śākya, que des prêtres népalais ont intronisée il y a de cela huit ans.

Vénérée tant par les bouddhistes que par les hindous, cet avatār de la déesse Taleju, dans sa version royale (il existe d’autres kumārī au Népal, mais celle-ci est la plus importante), est forcément issue de l’ethnie Nevār. Ce peuple, qui représente 5.5% de la population népalaise, regroupe les autochtones de la vallée de Katmandou.

Mais pourquoi vous parlé-je de tout ça ? Tout bonnement parce que la jeune fille, aujourd’hui âgée de dix ans, est rentrée il y a un peu plus d’une semaine d’un voyage aux États-Unis afin de promouvoir un film anglais retraçant sa vie. Mais cela n’a pas été sans déranger le clergé népalais. En effet, celui-ci a déclaré le 3 juillet que son petit tour en terres impies la souillait et que, selon lui, Sajanī devait être destituée à son retour.

Il y a quelques jours, les autorités religieuses du village d’origine de la kumārī sont revenues sur leur décision en annonçant que, moyennant une cérémonie purificatoire, la petite pourrait recouvrer son statut de déesse incarnée.

Cela dit, si dans quelques années, vous tombez amoureux de cette magnifique jeune fille qui rêve de devenir photographe, sachez qu’une légende prétend que tout homme épousant une kumārī est condamné à… mourir dans les six mois en crachant du sang. À bon entendeur.

Merci les agences de presse

Le steampunk de demain

26 July 2007, posté par Marc

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Détail d’une réplique du moteur différentiel de Babbage. Photo © Carsten Ullrich, 2005

En 1822, le mathématicien et ingénieur britannique Charles Babbage redécouvrait les moteurs différentiels (Difference Engines) imaginés — mais jamais construits — par Johann Helfrich von Müller, un ingénieur de l’Armée de Hesse. Babbage proposa le concept de Müller à la Société astronomique royale afin de remplacer, de manière totalement mécanique, les tables numériques imprimées en usage à cette époque.

Le Gouvernement britannique finança dans un premier temps le Difference Engine No. 1, mais cessa d’aider Babbage dont l’avancée des travaux ne lui paraissait pas assez rapide. Babbage dessina les plans d’un second moteur différentiel à la fin des années 1840. Ces schémas furent ensuite utilisés par le Suédois Per Georg Scheutz, lequel construisit plusieurs machines dès 1855.

Ces modèles d’ingéniosité, qui permirent avant tout d’imprimer des tables logarithmiques, constituent les premiers ordinateurs jamais développés (les ancêtres en quelque sorte de votre PC). Il est à noter que ces appareils, une nouvelle fois découverts (mais cette fois par le biais de la littérature), inspirèrent le premier roman de science-fiction dite steampunk : The Difference Engine de MM. William Gibson et Bruce Sterling.

Aujourd’hui, l’héritage de Müller, Babbage et Scheutz continue de faire des petits. Des ingénieurs, et notamment le Prof. Robert Blick de l’Université de Madison (Wisconsin), viennent de publier un article dans le New Journal of Physics présentant les recherches qu’ils sont en train de mener. En particulier : la conception de puces mécaniques à l’échelle nanométrique (10-9 m).

Le but de ces recherches est d’obtenir des puces qui, sans concurrencer leurs sœurs électroniques, pourront être employées dans des contextes où le silicone s’avère trop délicat, notamment dans la mécanique des voitures. Ces puces, minuscules moteurs calculatoires inspirées par les gigantesques Difference Engines, devraient connaître un avenir radieux partout où la vitesse de calcul importe peu mais où le prix de production a son importance. Typiquement, dans les robots ménagers ou les jouets pour enfants.

Bien entendu, l’Armée américaine lorgne de près l’avancée des travaux. En effet, de telles puces mécaniques seront en principe insensibles aux impulsions électromagnétiques, lesquelles peuvent réduire à l’état de légume n’importe quel ordinateur actuel (et notamment ceux qui équipent les véhicules de guerre).

Un autre avantage sera de construire des microprocesseurs puissants mais fonctionnant à des températures bien moins élevées que celles des puces actuelles. En effet, la chaleur des composants électroniques est l’un des principaux ennemis de l’augmentation des capacités de nos chères bécanes.

Alors, Bruce et William, heureux ?

Merci BBC News

Le pouvoir de la magie

25 July 2007, posté par Marc

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Morrigan, déesse des querelles et du combat. Illustration © Jennifer Miller, 2005

Autrefois, on les brûlait, aujourd’hui ils prennent le pouvoir. Un groupe de sorcières et de sorciers du centre de l’Angleterre a annoncé lundi qu’il était parvenu à faire pression sur une grande entreprise afin qu’elle renomme un centre commercial.

Le grand magasin (un projet de plus de 520 millions d’euros) devait s’appeler « Highcross Quarter ». Il se trouve que ce nom correspond également à une date importante du calendrier païen, et les maîtres de magie ne voyaient pas d’un bon œil qu’un gros commerce de Leicester porte ce nom. En effet, le site Internet de l’association, qui s’appelle donc « Highcross Quarter », a pour but de présenter le mode de vie et les convictions de sorciers dont les rituels dateraient d’avant l’apparition du christianisme en Europe.

Hammerson, le groupe financier à l’origine du centre commercial rebaptisé « Highcross Leicester », semble s’être accommodé de ce changement de dénomination « que les consommateurs percevront comme une identité forte ».

N’est-ce pas cela, se faire mener à la baguette ?

Merci Scotsman News

Les textos qui tuent

23 July 2007, posté par Marc

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Photo © Redvers / Wikipédia, 2005

Vous bravez nonchalamment — et courageusement — les bouchons estivaux qui transforment vos nationales en Tetris géants, vous vous emparez de votre téléphone portable alors que vous frôlez l’ennui mortel et vous mettez à rédiger des textos misérabilistes à l’usage de vos potes vacanciers. Eh bien sachez qu’un tel comportement, à première vue innocent, pourrait un jour vous projeter non seulement dans un platane, mais aussi au fond d’un cachot nauséeux.

C’est à peu près ce qu’il est advenu à une post-adolescente anglaise qui vient d’être lourdement condamnée. Rachel Begg a en effet écopé de quatre ans de prison ferme pour avoir utilisé neuf fois son portable en un quart d’heure avant de… tuer une grand-mère.

Les faits ont eu lieu l’année passée, sur une route de Newcastle. Maureen Waites, une femme de soixante-quatre ans, se rendait à l’aéroport pour chercher un membre de sa famille. Sa voiture a soudain été emboutie à l’arrière par celle de Rachel ; le véhicule de la vieille dame a quitté la route pour échouer dans une barrière de sécurité.

Il se trouve que Mme Waites est morte. Il se trouve aussi qu’il pleuvait ce jour-là, et que la jeune Rachel Begg roulait à plus de 110 km/h en… rédigeant des textos.

Merci The Times of London


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