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« biologie »

Les scientifiques aussi aiment le tatouage

7 November 2007, posté par Stahlhelm

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Composition chimique du métol, utilisé dans le développement des photos noir-blanc

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La relativité restreinte d’Einstein et les lois du mouvement de Newton

Homoncule spermatozoïque
Homoncule spermatozoïque

Spirale logarithmique
Spirale logarithmique

Eppur si muove
« Eppur si muove » (« Et pourtant elle bouge »), la fameuse phrase en fait jamais prononcée par Galilée

Darwin
« M. Charles Darwin a eu les couilles de poser des questions »

Tableau périodique des éléments
Tableau périodique et flou des éléments

Tatouage pour aveugles
Braille Tattoo © Klara Jirkova

T’en veux encore ?

En mourant, on se fait des copains

30 August 2007, posté par Marc

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Chrysomya albiceps. Photo © Medizinische Universität Wien, 2002

Il existe pas mal de techniques pour déterminer le moment où un être humain est passé de l’état de consommateur à celui de macchab. On peut par exemple utiliser la température du corps, laquelle met bien huit à douze heures pour rejoindre celle du climat ambiant (dans les pays tempérés, cela va sans dire, car dans les contrées hospitalières où il fait déjà 37.2°C le matin, une telle égalisation est bien plus rapide).

On peut aussi se baser sur la rigidité cadavérique qui commence par la nuque avant de se répandre dans le corps entier — un corps mettant huit à douze heures pour se transformer en bout de bois (qui, peu après, se ramollit à nouveau sous l’effet de la décomposition).

Il existe encore les lividités cadavériques, à savoir les taches violacées que la peau acquiert sous l’effet du déplacement passif de la masse sanguine dans les coins et recoins de la dépouille…

En fait, le nec plus ultra de la datation d’un passage de vie à trépas, la manière la plus élégante de connaître l’heure d’un rendez-vous avec la Mort demeure l’entomologie médico-légale (en anglais : forensic entomology). Dans les séries télévisées qui nous empêchent de nous coucher avant minuit, cette étape des enquêtes criminelles est souvent passée sous silence. Et pour cause : il ne faudrait pas, précisément, nous empêcher de dormir une fois le poste de télévision éteint.

Cela dit, cette discipline de la police scientifique s’avère sans doute l’une des plus intéressantes. Grosso modo, comment cela marche-t-il ? Une fois la victime découverte, les enquêteurs prélèvent la « faune » se promenant sur le corps et alentour. En fait, pas seulement les bestioles vivantes, mais aussi celles qui, à leur tour, ont passé l’arme à gauche. L’emplacement, le moment et les conditions de prélèvement sont des informations primordiales.

Les petites bêtes qui courent sur leur repas de famille sont dès lors conservées dans de l’alcool (ce qui est l’une des manières les plus nobles de mourir, non ?) ou sont gentiment élevées en couveuse, histoire d’obtenir les mêmes conditions d’humidité et de température que celles dans lesquelles on les a trouvées.

Les stades larvaires, la durée d’incubation des œufs et le moment d’arrivée sur la dépouille sont des éléments qui permettent de retrouver, par croisements statistiques, le délai qui sépare la découverte du corps du moment où son propriétaire s’est absenté d’icelui.

Si je vous décris toutes ces joyeusetés, ce n’est pas que je broie du noir — il y a longtemps que les attentats quotidiens en Irak m’ont insensibilisé —, mais simplement parce qu’un Helvète pas piqué des hannetons (lui !) maintient un site qui ne brille certes pas par son graphisme, mais par son contenu. Claude Wyss (éminent pipomane au demeurant) y présente l’ouvrage qu’il a publié avec Daniel Cherix ainsi que l’expérience acquise durant les dix-sept années où il a assumé, au sein de la police vaudoise, le poste d’inspecteur en charge de la levée des corps. Bref, une riche source d’informations qui ravira tant les amateurs de polars (lecteurs et/ou écrivains) que les amoureux de la vie… sous toutes ses formes.

Le site de Claude Wyss, c’est ici.

Le rose, couleur des femmes

21 August 2007, posté par Marc

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Photo : droits réservés

C’est une question qui m’a toujours turlupiné : les (petites) filles aiment-elles le rose parce qu’on leur achète sans cesse des fringues et des jouets de cette couleur, ou sont-elles victimes d’une entourloupe de Dame Nature ? Eh bien il semblerait que Anya Hurlbert, spécialiste en neurosciences de l’Université de Newcastle, ait trouvé un début de réponse à cette question.

Dans un article publié récemment dans le journal Current Biology, la scientifique fait état d’une étude menée sur des groupes d’hommes et de femmes qui devaient, pour l’expérience, visualiser mille paires de rectangles de couleur en annonçant à chaque fois leur préférence.

Il semblerait que le bleu soit une couleur universellement aimée des être humains. Toutefois, la chercheuse émet l’hypothèse que les femmes ont développé une attirance particulière pour les teintes tirant vers le rouge, et ce dans le cadre des spécialisations qui ont pris place au cours de l’évolution humaine.

La répartition des tâches leur aurait imposé ce penchant, le rose-rouge correspondant en effet à des fruits mûrs et à des visages d’hommes en bonne santé.

Par contre, comme les hommes étaient à l’origine destinés à la chasse, leur acuité visuelle ne nécessitait que la différenciation des teintes claires et foncées. Dans la broussaille et la nuit, ils devaient repérer un animal et le faire passer aussitôt de vie à trépas. Autant dire que leur vie n’était pas rose.

Merci Scotsman News

La sexualité des souris ? Une affaire de nez.

10 August 2007, posté par Marc

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Photo © You and Whose Army, 2006

Catherine Dulac, biologiste à l’Université d’Harvard, vient de publier dans la revue Nature le résultat de recherches sur la sexualité des souris.

Elle y explique que les femelles souris sur lesquelles elle a mené des expériences se sont comportées comme des mâles, avec un appétit sexuel inhabituel et une manière de « couvrir » leurs congénères comme seuls ces messieurs le faisaient jusqu’alors. Le secret de cette soudaine métamorphose ? Un petit organe secret caché dans… le nez.

L’organe voméro-nasal, présent dans les nez de bon nombre d’animaux mais pas chez les humains et les primates évolués, joue un rôle décisif dans la production des phéromones. Jusqu’alors, on attribuait à la testostérone l’attitude agressive des mâles. En élevant des femelles dépourvues d’un gène spécifique à l’organe voméro-nasal, et en supprimant même ledit organe sur des individus adultes, les femelles se sont mises à vouloir copuler comme des mâles.

Il semblerait donc que chez ces souris, le comportement sexuel masculin soit également présent dans le cerveau des femelles, mais que celui-ci se voie inhibé par les phéromones sécrétées par l’organe voméro-nasal. Les phéromones activeraient ainsi le comportement féminin (moins agressif) des femelles.

Mal barrés ces messieurs souris. On est peu de chose — et eux aussi.

Merci Harvard University Gazette

Le rire jaune d’un cétacé

8 August 2007, posté par Marc

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Le Lipotes vexillifer ou dauphin de Chine. Photo © 伦敦华语, 2007

La photo du dauphin que vous voyez ci-dessus devrait vous faire le même effet que celle d’un arrière-grand-père dans votre album de famille : il vous sourit, et pourtant il est mort depuis longtemps.

En effet, le dauphin de Chine (en latin : Lipotes vexillifer, en chinois : 白鱀, baiji) vivait autrefois à l’est de la Chine, dans les haut et moyen Yang Tsé (長江, Chang jiang) ainsi que dans le Qiantang (钱塘江, Qiangtang jiang). Dans les années cinquante, il avait déjà disparu du Qiantang. À la fin des années soixante-dix, on estimait que quelque 400 individus survivaient encore dans le Yang Tsé et ses canaux latéraux. Vingt ans plus tard, on n’en dénombrait plus que treize, chiffre qui allait définitivement leur porter malheur.

La disparition progressive des baiji est sans doute due aux filets des pêcheurs dans lesquels ces mammifères se prenaient plus souvent que rarement les nageoires, finissant par erreur dans un bol de lamian (拉麵). En 2002, on apercevait pour la dernière fois un dauphin chinois dans son habitat naturel. Manque de pot, son unique congénère vivant en captivité, un mâle que les humains nommaient Qiqi (淇淇), mourrait la même année après vingt ans de détention à l’Institut d’hydrobiologie de Wuhan (武汉水生生物研究所).

Je vous raconte tout ça parce qu’un groupe de chercheurs vient de publier un article dans les Biology Letters annonçant qu’après six semaines de recherche, force est de constater que le baiji n’existe probablement plus. En fait, cela représente même la première extinction globale d’un grand vertébré depuis cinquante ans ou, plutôt, la quatrième disparition totale d’une famille de mammifères en cinq cents ans.

Bref, si au cours votre prochaine croisière sur le Yang Tsé vous apercevez un dernier baiji, rendez-lui un sourire compatissant et dites-lui adieu. Ce sera la dernière fois que vous en verrez un avant de… disparaître à votre tour.

Merci Biology Letters

La taupe qui fait des bulles

1 August 2007, posté par Marc

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Condylure étoilé. Photo © Acrentropy, 2005

D’abord, on dirait vraiment la cousine germaine de Cthulhu. Une sorte de version velue du Grand Ancien, mais en plus petit. À vrai dire, je me demande même pourquoi notre Ami Stahlhelm n’a pas pondu plus tôt un article sur ce magnifique animal sorti tout droit de l’imagination (parfois) déviante du Créateur.

La photo ci-dessus, dont l’ignominie n’a d’égale que la bonhomie du bestiau qu’elle dépeint, représente un condylure étoilé (son joli nom latin : Condylura cristata). Cet animal à la morphologie byzantine n’est rien d’autre qu’une taupe qui, non contente de réduire les potagers en acné purulente, s’en va s’égayer dans les marécages du Canada et du nord des États-Unis (en fait, pas si loin de Providence).

Ce talpidé au faciès poulpomorphe, qui se nourrit d’insectes, de crustacés et de mollusques, a développé un naseau — certes très impressionnant — qui lui permet de… faire des bulles. Le Prof. Kenneth Catania, de l’Université Vanderbilt de Nashville (Tennessee) a découvert que les tentacules dont est orné le museau de la bête servent à percevoir les odeurs capturées par les bulles qui sortent des narines. La taupe peut ainsi s’orienter sous l’eau en suivant des pistes olfactives.

Bref, l’espèce de calmar dont est orné le nez du condylure n’est rien de moins qu’un radar qui lui permet non seulement de trouver son chemin (et sans doute ses proies), mais aussi de faire le beau face à ses congénères au triste museau pointu.

Les gauchers ont leur gène

1 August 2007, posté par Marc

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Image © Indiana University, Department of Radiology

Un groupe de recherche dirigé par l’Université d’Oxford a découvert un gène au doux nom de LRRTM1 qui déterminerait les rôles joués par certaines parties du cerveau, entre autres la parole et les émotions.

Chez les droitiers, la partie gauche du cerveau se charge de la parole et la partie droite des émotions, ce qui est souvent l’inverse chez les gauchers. Dans un article publié dans le journal Molecular Psychiatry, les chercheurs avancent l’hypothèse selon laquelle le LRRTM1 serait responsable de cette « inversion ».

Il se pourrait néanmoins que ce même gène entre en jeu dans la schizophrénie. Mais il est encore trop tôt pour savoir à quel point son influence pourrait s’avérer néfaste, car de nombreux facteurs interviennent dans de telles maladies psychiatriques.

Les gauchers (qui représentent grosso modo 10% de la population mondiale) n’ont donc pas lieu de s’inquiéter. Au contraire, il semblerait même que leur différence soit un avantage dans les sports, les jeux électroniques et les combats au corps-à-corps. Bref, quoi qu’on dise d’eux, les gauchers pourront toujours se défendre…

Merci Telegraph

Les bonobos : mythe ou réalité ?

31 July 2007, posté par Marc

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Photo © Veamos que pasa, 2007

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les bonobos jouissent (!) d’une merveilleuse cote de popularité auprès de leurs frères humains. On les préfère même aux chimpanzés, lesquels seraient parfois belliqueux, alors que les bonobos, vivant dans des sociétés dominées par leurs femelles, s’avéreraient très pacifiques, voire même parfois végétariens.

On les dit très portés sur le sexe et on s’attendrit sur leur façon quasi humaine de copuler en position du missionnaire. En fait, comme les dauphins, on les idéalise, alors que la plupart du temps, les primatologues sont incapables de les observer dans leur milieu naturel, et pour cause : les bonobos vivent en République « démocratique » du Congo, où l’instabilité politique rend la (sur)vie encore plus difficile pour les hommes que pour les singes.

Les bonobos, reconnus comme une espèce à part entière depuis moins d’un siècle, ne sont pour la plupart observés qu’en captivité. Quelque deux cents individus peuplent ainsi les zoos du monde entier, et force est de constater que seule la prison peut rivaliser d’ennui avec ces lieux de détention animalière. En fait, selon Craig Stanford, primatologue de l’Université de Californie du Sud, « collés les uns contre les autres, mourant d’ennui, que reste-t-il [aux bonobos] sinon manger et copuler ? ».

Merci The New Yorker

Les pets de vache, ça réchauffe

16 July 2007, posté par Marc

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Fury Cow © Havard Kristoffersen / Pixelgirl Presents, 2005

Des scientifiques du Pays de Galles tentent de déterminer à quel point les pets des vaches et des moutons pourraient participer au réchauffement climatique. Selon eux, les bovins de Sa Majesté produiraient pas moins de 3% des gaz à effet de serre britanniques.

Les chercheurs de l’Université d’Aberystwyth (ne me demandez pas comment ça se prononce) ont découvert que l’ail pourrait en grande partie réduire les flatulences de ces bêtes à cornes. En effet, ajouté au fourrage des vaches, il attaquerait les organismes qui, dans l’intestin de la bête, produisent du méthane, diminuant ainsi de quelque 50% les émanations malodorantes.

À l’avenir, au Pays de Galles, il faudra s’attendre à des vaches qui pueront moins du fondement, mais plus du museau. Ne vous marrez pas : notre survie en dépend.

Merci BBC News

Fumer pour moins trembler

15 July 2007, posté par Marc

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Photo : droits réservés

Mensuel publié par l’Association médicale américaine (AMA), la revue Archives of Neurology publie, dans son édition de juillet, un article selon lequel les fumeurs développeraient moins facilement la maladie de Parkinson.

En compilant des observations faites sur 11809 personnes à travers onze études menées depuis les années 1960, des chercheurs (dont Beate Ritz de l’Université de Californie à Los Angeles) ont constaté que plus quelqu’un fumait, moins il risquait — statistiquement — d’être victime du Parkinson. Même les anciens fumeurs présenteraient une diminution des risques allant de 13 à 32%.

Sans qu’il soit parvenu à trouver la raison de cet effet positif du tabagisme, le groupe de chercheurs en charge de l’étude a émis l’hypothèse selon laquelle l’une des substances contenues dans la cigarette protégerait les neurones dopaminergiques (lesquels sont atteints en cas de Parkinson dans la partie du cerveau qui régule les mouvements), mais laquelle ?

Il semblerait toutefois que les fumeurs soient génétiquement inégaux devant les effets bénéfiques de l’herbe à Nicot. En effet, si la diminution des risques est manifeste chez les patients blancs et asiatiques, les Hispaniques et les Noirs américains n’ont pas cette chance.

Conclusion : si vous vous mettez à fumer maintenant, vous mourrez dans la stupeur, mais sans les tremblements.

Merci Times Online


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