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« écologie »

Maurice Chappaz est mort

16 January 2009, posté par Marc

Maurice Chappaz

Maurice Chappaz, adolescent. Photographie © Bibliothèque nationale suisse / les Archives littéraires suisses, Fonds S. Corinna Bille-Maurice Chappaz, Berne

J’ai retrouvé ma pipe absente depuis l’autre nuit mais je trébuche, je frissonne. Je risque de nouveau de perdre ce qui va et vient dans mes poches, en longeant les parois du chalet. Je me déshabille et me rhabille pour me mettre au lit. Je ne suis qu’un poète de passage. Ce lit hérité de très loin, signé d’un ou deux caractères illisibles, haut sur pattes et qui ne passe plus les portes est un revenant. Les draps sont les pages blanches où je disparais.
Où je disparaîtrai une ultime fois pour être écrit.
Et si, me dis-je, au moment de fermer l’œil, le vingt et unième siècle héritier de tout ce que je déteste était acculé à un grand acte mystique ?

Maurice Chappaz, La pipe qui prie & fume, Éditions de la revue Conférence & Maurice Chappaz, octobre 2008

Pour en savoir plus sur ce magnifique auteur romand, rendez-vous ici.

J’habite dans une boîte

14 February 2008, posté par Yves

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Casulo dans sa boîte

J’ai beau avoir (presque) pris l’habitude de Tokyo, ce genre de chose m’épate encore. Marcel Krings & Sebastian Mühlhäuser ont créé Casulo, la boîte qui devrait normalement te faire peur et te réjouir à la fois, parce que oui, c’est dans ça que vivront tes enfants: un design mortel et un appartement qui ressemble à des toilettes d’avion. Cette boîte de 80cm x 120cm contient une armoire, un bureau et son tabouret ajustable en hauteur, le meuble à tiroirs sous le bureau, deux autres tabourets qui font office de coffres de rangement, une bibliothèque, et un lit avec son matelas. Et comme les panneaux de la boîte elle-même sont aussi utilisés, il n’y a pas de place perdue par l’emballage…

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Casulo tout monté

Comme le montre la vidéo ci-dessous, deux personnes peuvent monter (ou démonter) tout ce petit bazar en 10 minutes et sans outils.

L’énergie solaire moins chère que le charbon

27 November 2007, posté par Yves

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Quel joli tube nanotech, non?

On ne va pas rentrer dans les théories de conspiration alarmistes, mais clairement si demain tout le monde peut tout faire, en utilisant juste l’énergie quasi infinie et gratuite que nous balance le soleil toute la journée, il y en a qui vont grincer des dents, et ça ne serait pas étonnant que certains se suicident de 6 balles dans le cœur aussi parfois. Alors je sais pas si les petits gars de chez Nanosolar se sont acheté des gilets pare-balles et des fausses moustaches à la Groucho Marx, mais en tout cas il parait que cette boite a mis au point la source d’énergie solaire la moins chère qui ait jamais été développée. Contrairement aux technologies solaires habituelles avec lesquelles un Watt coûte 2 euros, leurs feuilles aussi fines qu’une couche de vernis fabriqueraient un Watt pour 0.2 euros, rendant pour la toute première fois l’énergie solaire plus économique que la combustion du charbon.

Le secret de leur efficacité: les nanoparticules. C’est la troisième grosse évolution dans l’industrie de l’énergie solaire, après le silicone qui n’absorbait pas bien la lumière et nécessitait des plaques épaisses, chères, et fragiles, et les films fins introduits il y a une dizaine d’années, bien plus efficaces mais très coûteux et longs à produire. Nanosolar, quant à eux, impriment des nanoparticules comme si c’était de l’encre. Si on est un poil écolo ou amateur de science fiction, ça ne peut que chatouiller dans le bas du ventre quand on pense aux possibilités qu’une telle technique peut ouvrir. La prochaine étape c’est directement l’encre, et on ne parlera même plus de voitures électriques dont le vernis est une couche solaire, mais carrément de textiles teints aux nanoparticules…

A partir de 2008, ils prévoient de produire 430 mégawatts par an, dépassant le total de tous les autres fabricants d’énergie solaire aux USA réunis. Et dans une cinquantaine d’années on découvrira les réels effets de la nanotechnologie à outrance, après la célèbre vague de cancer des testicules qui ravagea l’occident et le rendit définitivement stérile entre 2034 et 2039. (Argh! J’avais dit qu’on évitait les théories de conspiration alarmistes…)

Merci celsias.com

Vous reprendrez bien un peu de patates?

22 October 2007, posté par Yves

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Parce qu’il faut arrêter avec le plastique, ils ont créé Spudware, les couverts fabriqués à base de 80% d’amidon de patate et 20% d’huile de soja. Ça résiste à la chaleur, c’est aussi résistant que les couverts en plastique habituels, et on peut même les laver et les réutiliser. La grosse différence? C’est biodégradable en 6 mois.

Un sac de 30 pièces assorties (10 fourchettes 10 couteaux, 10 cuillères) coûte 4.25 euros et vous pouvez les commander en Angleterre ou aux US.

Merci Inhabitat

Heineken WOBO, la solution est dans la bière

17 October 2007, posté par Yves

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Heineken WOBO

A l’heure où tout le monde et sa tante parlent de recyclage, il est bon de revenir un peu en arrière, en 1963, quand le brasseur Alfred Heineken créa la WOBO (world bottle). Designée par l’architecte hollandais John Habraken et surnommée la “brique qui contient de la bière” la WOBO mariait juste ce qu’il faut de plaisir, de conscience écolo, et de design.

Heineken eu cette idée après une visite dans les Caraïbes où il avait vu plein de bouteilles vides sur les plages à cause du manque d’infrastructure pour les récupérer, et aussi un manque de matériaux de construction bon marché. La WOBO était la réponse à ces deux problèmes.

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En posant à l’horizontal les bouteilles de 350 et 500 ml et en les imbriquant les unes dans les autres, la WOBO se transformait de bouteille vide en brique de verre qu’il suffisait de consolider avec un peu de ciment pour en faire un mur. La différence de taille, en plus d’étancher les soifs plus ou moins grandes, permettaient une construction homogène y compris dans les coins, similairement aux vraies briques.

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100 000 bouteilles furent produites, dont certaines furent utilisées dans la construction d’une petite remise dans la propriété de Mr. Heineken. Mais finalement, le projet s’est arrêté et Heineken n’a plus produit d’autres WOBO par la suite. Aujourd’hui, les seules structures faites à bases de WOBO sont le petit hangar et un mur dans le musée Heineken à Amsterdam. La plupart des bouteilles ont été détruites et les quelques survivantes sont des pièces de collection.

Merci Inhabitat

Ne pas nourrir les animaux SVP

4 October 2007, posté par Yves

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Photo © Barcroft Media

Si vous avez 10 minutes à tuer et que vous êtes du côté d’Oudtshoom, en Afrique du Sud, allez donc dire bonjour à Zimbakwe, Ma Baker et Sweet Sue au Cango Wildlife Ranch. Pour un peu moins de 30 euros, on vous descend, vous et la cage en acier dans laquelle vous vous trouvez, dans un bassin spécialement aménagé, ou trois crocodiles se la coulent douce, comme on a l’habitude de voir des crocodiles le faire dans les reportages animaliers, mais sauf que là c’est à quelques centimètres.

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Photo © Barcroft Media

Pas besoin d’entraînement ni de matériel de plongée, et tout le monde peut descendre observer les crocodiles avec juste un maillot de bain et un tuba. Et la cage dépasse un peu de l’eau pour ceux qui veulent remonter voir à la surface. Il parait que c’est le seul endroit au monde où on peut faire ça.

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Photo © Barcroft Media

En ce qui me concerne, il manque quand même les gazelles qui traversent, et la plus jeune à la fin qui n’est pas restée assez proche du groupe et qui pense que c’est bon elle a pas peur, mais tout à coup c’est le drame…

Merci Daily Mail

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Photo © Barcroft Media

Recyclage is fun

30 August 2007, posté par Stahlhelm

Recyclage is fun
Photo © mag3737, 2007

Vous vous dites que, quand même, dans cette profonde commune schwytzoise où vous venez de déménager, le recyclage y est bien mieux organisé que dans votre bon vieux quartier genevois de la Jonction. Et même si les 3 semaines de cours du soir intensifs pour apprendre à séparer les feuilles flétries de laitues de celles d’une iceberg ramollie par un séjour prolongé dans votre frigo vous ont semblé un tantinet excessives, l’essentiel c’est bien d’être un bon citoyen qui fait tout pour la nature.

Vous allez certainement rire, mais le recyclage au Japon pousse grand-mère Ortie encore bien plus aggressivement dans le précipice de la bonne cause avec ses 5 sortes de papiers-cartons à trier, son obsession pour le recyclage des briques de lait et l’ablation sans remords du léger film plastique qui protège l’ouverture des boîtes de kleenex locales.

Lait
D’après une photo de don and cheryl, 2006

Personnellement, j’aime bien ça. Surtout que depuis peu j’ai la meilleure excuse pour regarder des clips de Perfume (パフューム) en boucle sans qu’on puisse m’accuser de ne plus être le sombre corbeau mélancolique qui pava le chemin de ma première moitié de vie. Une campagne de sensibilisation au recyclage vient en effet d’être lancée par le Japan Ad Council (AC公共広告機構) dans laquelle les trois petites idoles odorantes se trémoussent en compagnie de pâles copies d’Ents. Ou s’agit-il plutôt de cookie monsters verts ?

Et juste pour faire justice à l’art japonais mais aussi suivre de très près les souples hanches et les jolies moues de Perfume, voici le clip original de Polyrhythm, la chanson qui vous fera recycler malgré vous:

A vos lunettes de plastique noir, vous qui arpentez les rues d’Akihabara dans vos rêves humides, voici pleins d’autres rengaines electro-kitsch et parfumées après le saut.

(more…)

Chris Jordan tire le portrait d’une société de consommation

27 August 2007, posté par Yves

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Plastic Bags © Chris Jordan

Chris Jordan présente les faits de manière crue et belle à la fois. Il reconnaît être un consommateur lui-même et donc ne pas pouvoir pointer du doigt qui que ce soit, mais ça ne l’empêche pas de poser des questions et surtout de demander pourquoi on n’a pas de réponse. Le mieux, ça serait encore d’aller à ses expos, mais sinon il y a aussi son site web ou il présente son œuvre et sa démarche. Ses galeries sont belles et tragiques à la fois, son travail est sain et honnête. Et si une image vaut 1000 paroles, “Plastic Bags” (ci-dessus) qui représente 60000 sacs en plastique, la quantité utilisée toutes les 5 secondes aux US, vaudrait combien de mots?

Le côté obscur de Google

26 July 2007, posté par Marc

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La capture d’écran d’une recherche sur Blackle

On s’en doutait, les écrans à cristaux liquides consomment bien moins d’énergie que leurs ancêtres cathodiques. Par contre, qui s’était un jour soucié de la consommation respective de chacune des couleurs ? Moi pas, mais le Département étasunien de l’énergie a déclaré que le fuchsia consommait bien plus que le maron, que le rouge dépensait plus d’énergie que son cousin le violet. Et surtout que le blanc dépensait un quart d’énergie de plus que le noir.

De là à se demander quelle serait l’économie d’énergie si Google s’affichait sur fond noir, il n’y a qu’un pas. Selon un article du blogue ecoIron posté en janvier, cela permettrait une réduction de 750000 kilowattheures par année. Depuis, l’idée a fait son petit bonhomme de chemin, puisqu’un nouveau moteur de recherche a vu le jour : Blackle. Mis à part des différences notables dans le résultat des recherches, ce nouveau site, conçu par l’entreprise australienne Heap Media, diffère très peu de Google. Si ce n’est que son fond est… noir.

On peut néanmoins douter du bien-fondé d’une telle opération. En effet, la très grande majorité des écrans disponibles aujourd’hui dans le commerce fonctionnent à l’aide de cristaux liquides, et les tubes cathodiques voient leurs jours comptés, tant les nouveaux écrans sont désormais bon marché et confortables. Or, les écrans à cristaux liquides, qui sont rétroéclairés, consomment la même quantité d’énergie quels que soient les pixels activés. Alors, économie tout de même ? Si, mais plus pour longtemps, car les internautes vont peu à peu tous s’équiper de jolis moniteurs plats.

Alors, Blackle, une sombre histoire promotionnelle ?

Merci Inky Circus

Pub poétique

15 July 2007, posté par Yves

C’est le film qui a gagné le Lion d’Or au Festival International de la Publicité à Cannes cette année. Je ne donne pas trop de détails pour ne pas dévoiler la fin, mais si vous en voulez après avoir regardé la vidéo, allez donc jeter un œil sur le site de la marque, ou celui de l’agence de pub, ou encore directement sur celui du festival pour regarder les films des autres lauréats.
(Et ne lisez pas les tagégories ci-dessous si vous ne voulez pas gâcher la surprise)


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