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« Egypte »

Une momie et une langue morte

23 octobre 2007, posté par Marc

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La momie Nesi-hensu. Photo © Curious Expeditions, 2007

C’est l’histoire d’une femme nommée Nesi-hensu, épouse d’un tailleur égyptien originaire de Thèbes, qui se fit momifier peu avant l’ère chrétienne. À l’époque de la conquête de l’Égypte par les Romains, la momification était devenue le nec plus ultra des macchabées de l’Empire. Le prix des tissus ne permit pas toujours d’utiliser des étoffes pour envelopper les dépouilles desséchées ; on eut alors recours à bon nombre de solutions de remplacement dont celle offerte par les… livres.

Vers le milieu du XIXe siècle, Mihajlo Barić, un sous-officier croate appartenant à la Chancellerie royale hongroise, s’embarqua pour un voyage à travers le monde, et notamment en Égypte. À Alexandrie, il acquit un sarcophage contenant une femme momifiée. Jusqu’à sa propre mort, Barić exposa chez lui son étrange souvenir d’expédition. Quand ce fut son tour de passer dans l’autre monde, son frère — un prêtre de Slavonie â€” hérita de l’étrange paquet. Comme il ne s’intéressait pas le moins du monde à l’objet, il le légua à l’Institut d’État de Croatie, Slavonie et Dalmatie de Zagreb, lequel deviendrait par la suite le Musée archéologique de Zagreb (ArheoloÅ¡ki muzej u Zagrebu).

On crut tout d’abord qu’il s’agissait là d’une momie égyptienne, mais en 1891, un certain Jacob Krall, spécialiste du copte, comprit en l’examinant que ce n’était pas le cas. Le texte dans lequel elle était enveloppée était rédigé en étrusque, langue parlée en Italie centrale jusqu’aux environs du IIe siècle après J.-C. La signification de ce codex de 1200 mots sur 230 lignes n’est pas claire, car il ne nous reste pas assez de sources de cette langue pour pouvoir en comprendre le sens ; en effet, le Liber linteus Zagrabiensis qui enveloppait la momie est le plus grand fragment étrusque jamais retrouvé.

Ironie de l’histoire : c’est cette utilisation quelque peu étrange d’un livre qui aura permis d’en assurer la pérennité. Aujourd’hui déposé au Musée archéologique de Zagreb, son contenu n’attend que d’être élucidé.

Merci Curious Expeditions

De l’art d’il y a 15000 ans

23 juillet 2007, posté par Yves

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Photo © National Geographic

En 1962, un groupe de chercheurs de l’Université de Toronto avait découvert des peintures et gravures animalières dans le village de Qurta, à 640 kilomètres au sud du Caire, qu’ils pensaient dater du Paléolithique. Mais la communauté scientifique de l’époque avait rejeté cette hypothèse, pensant que l’Europe était le seul « berceau de l’art », et la théorie avait été abandonnée. Plusieurs années et des découvertes d’art préhistoriques en Afrique du sud et en Australie plus tard, les taureaux sauvages de Qurta sont maintenant reconnus comme datant vraisemblablement de la même période que ceux peints et gravés dans les grottes de Lascaux et Altamira.

En plus des peintures déjà découvertes il y a quarante ans, la nouvelle expédition en est maintenant à plus de 160 fresques, sur une surface de plus de 1.6 kilomètre de long et 70 mètres de haut. Et les chercheurs se demandent comment des peuples aussi éloignés ont pu créer des images aussi similaires. Il faut savoir que si Lascaux est surtout connu pour ses peintures, on y trouve surtout des gravures, quasiment identiques à celles de Qurta.

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En parlant de Lascaux, c’est justement à la même époque, en 1963, que les grottes ont été fermées au public pour protéger leurs fragiles peintures des dégâts causés par les visiteurs. Mais si vous n’avez pas le courage d’aller visiter la réplique construite juste à côté de l’original, vous pouvez aller faire la visite virtuelle sur le site web du ministère de la Culture.


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